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La cause des femmes après la guerre: Organisations internationales, mobilisations et changement social au Burundi | Marie Saiget | 22.04.2026

Le Centre de civilisation française et d’études francophones de l’Université de Varsovie vous invite au prochain séminaire de recherche francophone en sciences humaines et sociales !

Le mercredi 22 avril 2026, de 17h à 18h30; La bibliothèque du Centre (salle 3.012, 55 rue Dobra, Varsovie). Le séminaire a un caractère ouvert et il se tient en français.

Notre invitée sera Mme Marie Saiget (Maîtresse de conférences en science politique, CERAPS-UMR 8026, Université de Lille), qui nous présentera son dernier livre – La cause des femmes après la guerre: Organisations internationales, mobilisations et changement social au Burundi, Paris, Karthala, 2025:

Les situations qualifiées de « post-conflit » font l’objet d’une attention croissante de la part des organisations internationales. Ces dernières y voient une opportunité d’œuvrer pour la reconnaissance des droits des minorités et l’empowerment des groupes dominés, conditions d’une construction de la paix et d’un développement durables. Pourtant, les interventions des organisations internationales en ce sens sont souvent considérées comme des échecs. Si elles ne répondent pas à leurs objectifs, à quoi donc servent-elles ? Et quels sont leurs effets, attendus ou non ?

Explorant plusieurs cas d’action collective des femmes au Burundi, cet ouvrage défend une thèse forte. Les interventions des organisations internationales répondent rarement aux objectifs préalablement définis. Mais ces interventions produisent des tensions et des débats sur les enjeux de l’action collective des femmes. Par ce biais, elles ouvrent un espace de conflits, où la domination politique peut être légitimée, négociée ou contestée. Cette politisation place les organisations internationales face à une impasse car elle échappe au cadre d’intervention que ces acteurs peuvent effectivement porter. Paradoxalement, cette impasse alimente plutôt qu’elle n’altère la politisation en cours.

Par cette recherche, l’ouvrage apporte une contribution essentielle à l’analyse des contextes de sortie de guerre, en décrivant la profonde ambivalence des processus de changement social et politique. Contrairement au discours des organisations internationales, le « post-conflit » ne constitue pas toujours une fenêtre d’opportunité au traitement politique des problématiques liées à la condition des femmes et aux rapports de genre. Il peut être au contraire interprété par les élites politiques locales pour justifier la mise à l’écart de ces problématiques, pointant du doigt les conflits que l’égalité entre les sexes pourrait susciter.

 

Vous êtes tous chaleureusement invités !